Même taux, même fiscalité avantageuse, même garanti par l’État. À première vue, le LDD (ou LDDS) et le Livret A semblent être des clones. Pourtant, ouvrir l’un plutôt que l’autre — ou les deux à la fois — change concrètement la façon dont votre épargne est utilisée et la somme que vous pouvez y placer. Pas besoin d’un master en finance pour faire le bon choix, mais quelques minutes de lecture changent tout.
Voici les différences réelles entre ces deux livrets réglementés, sans le charabia bancaire habituel.
Ce que sont le Livret A et le LDDS
Le Livret A, l’incontournable de l’épargne française
Créé en 1818, le Livret A est le produit d’épargne le plus détenu en France : plus de 55 millions de comptes ouverts selon la Caisse des Dépôts. Son fonctionnement est simple : vous déposez, vos fonds génèrent des intérêts calculés par quinzaine, vous retirez quand vous voulez. Le tout sans impôt sur les intérêts, ni prélèvements sociaux.
Le plafond de dépôt est fixé à 22 950 € pour un particulier (hors intérêts capitalisés). Une fois ce seuil atteint, impossible de verser un centime de plus — les intérêts, eux, continuent à s’accumuler au-delà.
Le LDDS, le livret à vocation solidaire
Le LDDS — Livret de Développement Durable et Solidaire — a été rebaptisé ainsi en 2016 pour refléter sa dimension écologique et sociale. Avant ça, on l’appelait le Codevi, puis le LDD. La mécanique est identique au Livret A : épargne disponible à tout moment, intérêts nets de fiscalité, taux réglementé par l’État.
Sa particularité : une partie des fonds collectés finance des projets de transition énergétique et des structures de l’économie solidaire (associations, entreprises d’insertion, etc.). Le plafond est ici fixé à 12 000 €, soit presque moitié moins que le Livret A.
✅ À retenir
LDD et Livret A partagent le même taux, la même fiscalité et la même liquidité. La différence tient au plafond (12 000 € vs 22 950 €) et à l’affectation des fonds collectés.
🎯 Le taux et la fiscalité : point par point
Un taux identique, fixé par décret
Le taux des deux livrets est le même : il est défini par arrêté ministériel et s’applique simultanément au Livret A et au LDDS. Actuellement fixé à 2,4 % (depuis le 1er février 2025), ce rendement s’applique de la même façon sur les deux produits. Les intérêts sont calculés par quinzaine et versés le 1er janvier de chaque année.
« Le taux du Livret A et du LDDS évolue en même temps, selon la même formule indexée sur l’inflation et les taux monétaires. Ils ne se concurrencent pas. »
— Banque de France, méthode de calcul du taux réglementé
Une fiscalité attractive sur les deux
Sur le plan fiscal, aucune différence non plus. Les intérêts générés par ces livrets sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (CSG, CRDS). Pour des ménages imposés dans les tranches hautes, c’est un avantage réel — un livret bancaire classique subit, lui, 30 % de flat tax sur les intérêts.
0 %
d’impôt sur les intérêts du Livret A et du LDDS — contre 30 % sur un compte épargne classique
Plafonds, cumul et conditions d’ouverture
C’est là que les deux livrets divergent concrètement. Le Livret A peut être détenu dès la naissance (un enfant peut en avoir un ouvert par ses parents). Le LDDS, lui, est réservé aux personnes majeures fiscalement domiciliées en France.
Autre point : chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul Livret A et qu’un seul LDDS à la fois, quelle que soit la banque. Mais rien n’interdit de détenir les deux simultanément — c’est même la stratégie adoptée par des millions de Français pour maximiser leur capacité d’épargne réglementée.
- Plafond Livret A : 22 950 €
- Plafond LDDS : 12 000 €
- Cumul possible des deux : jusqu’à 34 950 € d’épargne totalement défiscalisée
- Un seul livret de chaque type par personne, toutes banques confondues
💡 Notre conseil
Si votre Livret A est plein (ou proche du plafond), ouvrez un LDDS pour continuer à placer votre épargne à taux réglementé. Les deux se complètent parfaitement. En les cumulant, vous accédez à près de 35 000 € de capacité d’épargne défiscalisée.
⚠️ À quoi servent vraiment les fonds collectés ?
C’est la différence la moins visible, mais pas la moins importante. Les fonds déposés sur le Livret A alimentent principalement le financement du logement social — HLM, rénovation de logements, infrastructures urbaines. La Caisse des Dépôts centralise l’essentiel de ces ressources.
Les LDDS financent quant à eux des projets différents :
- La transition énergétique (isolation, énergies renouvelables, mobilité propre)
- Les PME via le crédit bancaire classique (une part reste dans les banques)
- Les structures de l’économie solidaire : associations d’insertion, entreprises sociales
Depuis 2016, les banques sont aussi tenues de proposer à leurs clients détenteurs d’un LDDS la possibilité de faire des dons à des associations agréées directement depuis leur livret. Une option méconnue, rarement mise en avant au guichet.
| 📋 Critère | 🏦 Livret A | 🌱 LDDS |
|---|---|---|
| Taux d’intérêt | 2,4 % | 2,4 % |
| Plafond | 22 950 € | 12 000 € |
| Fiscalité | Exonéré | Exonéré |
| Âge minimum | Dès la naissance | 18 ans |
| Affectation des fonds | Logement social | Transition écologique, économie solidaire |
| Cumul possible | Avec LDDS | Avec Livret A |
Lequel ouvrir en priorité ?
La question n’est pas vraiment « l’un ou l’autre » — c’est « dans quel ordre ». Si vous n’avez ni l’un ni l’autre, commencez par le Livret A : son plafond est plus élevé, et il est accessible dès l’enfance. Une fois votre épargne de précaution posée (idéalement 3 à 6 mois de dépenses courantes), ouvrez un LDDS pour continuer à placer le surplus.
Les rendements sont identiques. Les raisons de choisir le LDDS tiennent davantage à ses valeurs — financer la transition énergétique ou des structures solidaires — qu’à un avantage financier direct. Pour les épargnants sensibles à l’impact de leur argent, c’est un critère réel.
⚠️ À garder en tête
Détenir deux Livrets A (dans deux banques différentes) est illégal et peut entraîner une régularisation fiscale rétroactive. En revanche, avoir un Livret A dans une banque et un LDDS dans une autre est parfaitement légal — et même recommandé si vous avez de l’épargne à placer.
Si votre objectif est purement financier et que vos deux livrets réglementés sont pleins, il faudra regarder ailleurs : l’assurance-vie en fonds euros ou le PEL prennent le relais, avec des règles fiscales différentes mais des rendements parfois attractifs selon la durée de placement.
FAQ — Vos questions sur le LDD et le Livret A
Peut-on avoir un Livret A et un LDDS en même temps ?
Oui, et c’est même conseillé. Un contribuable peut détenir simultanément un Livret A et un LDDS, dans la même banque ou dans deux établissements différents. Le cumul de ces deux livrets permet d’atteindre près de 34 950 € d’épargne défiscalisée.
Le taux du LDDS est-il différent du Livret A ?
Non. Le taux du LDDS est identique à celui du Livret A — les deux sont fixés par arrêté ministériel au même niveau. Au 1er février 2025, ce taux est de 2,4 % brut, mais les intérêts sont nets de tout impôt et de prélèvements sociaux.
Quelle est la différence de plafond entre le Livret A et le LDDS ?
Le Livret A est plafonné à 22 950 € de versements, contre 12 000 € pour le LDDS. Les intérêts peuvent s’accumuler au-delà de ces plafonds, mais aucun nouveau versement n’est possible une fois le seuil atteint.
Les fonds du LDDS financent-ils vraiment des projets écologiques ?
En partie. Les banques conservent une fraction des dépôts pour financer des PME via le crédit classique. Le reste est centralisé à la Caisse des Dépôts, qui l’oriente vers des projets de transition énergétique et des structures de l’économie solidaire (associations, entreprises d’insertion, etc.).
Un mineur peut-il ouvrir un LDDS ?
Non. Le LDDS est réservé aux personnes majeures fiscalement domiciliées en France. À l’inverse, le Livret A est ouvert dès la naissance — les parents peuvent en ouvrir un au nom de leur enfant dès le premier jour.